Jean-Marc Roberts / François-Marie Banier



Les voix n'ont pas été nombreuses jusqu'à ce jour à s'élever pour prendre la défense, trouver même quelque argument à la décharge de François-Marie Banier. Inculpé de quoi ? Abus de faiblesse aux dépens d'une vieille dame richissime ? D'accord, disons cela. Sur l'acte d'accusation officiel, ce formidable plaidoyer signé Jean-Marc Roberts, lacunaire, insolent, urticant, ne s'attarde pas. Car le crime reproché à Banier est ailleurs, estime Roberts - et c'est cela qu'il pose sur la table sans ménagement. Exposant pourquoi, dans cette affaire médiatisée, Banier lui semble avoir été déclaré coupable, non de ce qu'il a fait, mais plutôt d'être ce qu'il est : « Tu as l'allure et l'arrogance, la fantaisie d'un si bon coupable. Tu es Landru, la Montespan, une messe noire à toi tout seul. Et te voilà chassé, éconduit tel un domestique qui aurait dérobé un candélabre... » Tout ensemble portrait tendre et grinçant de Banier - son ami de jeunesse, perdu de vue trente ans durant, aujourd'hui retrouvé - et autoportrait sans complaisance, ce court texte hautement incisif brille à chaque ligne par son absence de mièvrerie, son impertinence crâne, sa cruelle intelligence.


« Personne ne sait et ne saura jamais ce qui s’est réellement passé entre toi et la vieille dame. Intéressé. Je retiens ce mot qui s’invite en permanence dans ta défense comme dans leurs attaques. Chacun semble ignorer l’évidence : tu es tellement plus intéressant qu’intéressé. On t’arrête dans la rue, on te reconnaît facilement aujourd’hui, tu as droit à tout. Certains t’implorent de restituer l’argent, d’autres t’en réclament. Tu mérites la prison sinon le purgatoire puisque, c’est bien connu, tu vis au paradis. La toile, quand ce ne sont plus les journaux papier, se déchaîne contre toi. On t’en voudra toujours de faire ton Donald, d’avoir attaqué la première fortune de France sans arme ni violence, tel un gros poussin avec une mitraillette en plastoc. Tu n’as braqué personne mais c’est comme si et même pire. Cela finira bien par finir. Et tu ne perdras pas, François-Marie, comme on ne s’est pas perdus. »
Jean- Marc Roberts revient sur la longue amitié qui le lie avec François-Marie Banier. À contre-courant de tout ce qu’on a pu lire sur lui, l’auteur nous livre le portrait d’un homme qu’il connaît comme personne.


Commentaires

Articles les plus consultés